De ses origines, à la culture du chasselas, en passant par les artistes qui y ont vécu, voici un aperçu de l’histoire de Thomery et de son patrimoine.

Un nom aux origines controversées

Une hypothèse, relativement plausible, fait dériver ce nom de celui de Merry, moine d’Autun, en pèlerinage au tombeau de Saint-Denis (en l’an 715) qui, arrivant à la Seine à la nuit tombée, aurait reçu l'hospitalité dans une chaumière et guéri des malades. Cette demeure serait alors devenue une maison d'accueil et de charité, appelée la demeure de Merry, Domus Merry, Dommery, Tomery… Thomery.

Une autre, plus poétique, attribue le nom de Thomery au fameux mot d’Henri IV « D’ici tout me rit » alors qu’il se réjouissait, depuis les « Pressoirs du Roy » construits par François Ier (aujourd’hui à Samoreau), du spectacle des jeunes et jolies vendangeuses qui se baignaient dans la Seine.


Thomery, villégiature des rois

La proximité du château de Fontainebleau explique une partie de l’architecture et de la toponymie de la ville. François Ier, Henri IV… les rois font de fréquents séjours à Thomery et ses alentours. Comme la cour n’est jamais loin de son souverain, les familiers du roi construisent à Thomery des hôtels particuliers. Le château de La Rivière (aujourd’hui propriété privée) en est l’exemple le plus important. Il fut construit par Roch le Baillif, médecin et astrologue d’Henri IV, puis propriété du comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan. En 1726, l’allée (le Pavé du Prince), qui trace la route entre le château de La Rivière et celui de Fontainebleau, a été pavée en raison des fréquents séjours de Louis XV.

Après les rois de France, les empereurs goûtèrent à leur tour aux charmes des séjours à Fontainebleau, allant jusqu’à Thomery : Napoléon et Joséphine vinrent souvent s’y délasser et l’impératrice Eugénie fera la surprise de plusieurs visites à Rosa Bonheur au château de By, dont une, le 10 juin 1865, pour lui remettre, elle-même, les insignes de chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur.


La grande histoire du chasselas

La ville est marquée, encore aujourd’hui, par les vestiges de son épopée viticole…
C’est en 1730 qu’est introduit à Thomery par François Charmeux un cépage nouveau, le chasselas, et un mode de culture original, la conduite de la vigne en treilles.
Cette nouvelle technique apporte à Thomery pendant plus de deux siècles une extraordinaire prospérité qui trouve son apogée à la fin du XIXe siècle.

L’édification d’un réseau de murs unique au monde !
Les murs en pierres sur lesquels la vigne est palissée permettent d’emmagasiner la chaleur le jour et de la restituer la nuit. Le chasselas arrive ainsi à maturité au début de l’automne. Il aura fallu moins d’un siècle, à compter de la Révolution, pour élever (et surélever) 250 kilomètres de murs. Le chemin des Longs Sillons où l’on peut se promener aujourd’hui en est le témoin.


Conservation du raisin : une invention révolutionnaire

Déposées sur de grandes claies plates dont le fond est recouvert de fougère, les grappes de chasselas sont vendues pendant les mois qui suivent la cueillette entre mi-octobre et mi-novembre. Mais le raisin est un fruit fragile qui se conserve peu. En 1848, Baptiste Larpenteur invente, un peu par hasard, un procédé révolutionnaire : la conservation « à rafle fraîche » ou « rafle verte ».
Grâce à cette découverte, le chasselas se conserve jusqu’en mai dans de petites bouteilles en verre (où trempent les rafles des grappes) dont l’utilisation se généralise à partir de 1865 et que l’on peut encore voir dans les derniers fruitiers de la commune. Cela va donner une impulsion décisive à l’économie thomeryonne, car offrir du raisin frais en hiver, c’est la certitude de pouvoir le vendre bien et cher.
Les premières serres de forçage en 1843 et les serres chauffées vont également permettre de proposer du raisin frais toute l’année.


Des ventes en France et à l’international

Lorsque la culture du chasselas se développe au XIXe siècle, « l’or vert » est acheminé au marché aux fruits de Paris depuis le port d’Effondré. Le transport par voie d’eau est remplacé peu à peu par le chemin de fer qui arrive à Thomery en 1849. A la fin du siècle, Thomery expédie, dans les meilleures années, près de 1 000 tonnes de raisins aux Halles de Paris, dans toute la France et exporte environ 10 tonnes en Europe jusqu'à la cour de Russie.
Dans les expositions horticoles, en France ou à l’étranger, les viticulteurs de Thomery remportent de nombreuses médailles d’or, ce qui contribue à accroître la renommée du chasselas.


Le lent déclin

Il commence dès la fin du XIXe siècle. Les hivers très rigoureux (années 1880), les maladies qui réduisent drastiquement la production, la concurrence accrue (chasselas de Moissac, raisins belges…), l’ouverture de l’usine Schneider de Champagne-sur-Seine en 1904 qui détourne la main d’œuvre, le développement des transports aériens qui facilite l’afflux des fruits exotiques (entre deux-guerres)… sont autant d’éléments qui vont mettre à mal, puis donner le coup de grâce, à la culture du chasselas. Le dernier colis est expédié à Paris en 1970.
La Confrérie Saint-Vincent (fondée en 1820) perpétue encore aujourd’hui le souvenir de la fête des viticulteurs, autour du 22 janvier.


Après l’épopée du chasselas, le renouveau touristique

Le déclin de la culture du chasselas a conduit les municipalités successives à encourager le tourisme et à favoriser les villégiatures pour attirer, essentiellement, les Parisiens durant les mois d’été.
La commune se modernise : gaz de ville, eau courante, premières rues goudronnées en 1907, arrivée du téléphone en 1928… Thomery-Plage (actuelle salle de la Plage) sera la vitrine de cette politique touristique dès 1925 : restaurant, salle de dancing avec le jazz-band américain le « Patam-jazz », baignade, promenade en barque sur la Seine… La publicité en est faite jusqu’en Gare de Lyon. De nombreux hôtels et pensions de famille ouvrent alors à Thomery pour accueillir les visiteurs. Cette période prendra fin au moment de la seconde guerre mondiale.

Dans les années 60, les jardins qui accueillaient la culture du chasselas sont vendus peu à peu et des maisons neuves surgissent entre les murs. Le village se transforme tout en préservant son environnement, son patrimoine et dans le respect de ses traditions.


Thomery, refuge des artistes

Rosa Bonheur (1822-1899), célèbre artiste peintre à la gloire internationale, vécut et mourut au château de By qu’elle acquit en 1860 grâce au fruit de son travail, une première pour une femme.

Alfred Sisley (1839-1899), artiste peintre impressionniste installé à Veneux, est souvent venu à Thomery pour peindre les bords de Seine dont la poésie était pour lui une constante source d’inspiration.

Les cantatrices Laurence Grivot (1843-1890) et Lucienne Bréval (1869-1935) y ont vécu ou séjourné.

Fernand Gregh (1873-1960), poète, écrivain et membre de l’Académie française, découvre « le Bois-Bliaud » à By en 1908. Jusqu’à sa mort, il y passe tous ses étés et de nombreux week-ends et y reçoit tous les grands noms de la littérature, de la musique et de la politique de l’entre-deux-guerres.

Francis Gruber (1912-1948), peintre expressionniste, séjourna très souvent au Vieux Château (10 rue du 4 Septembre) et y reçut de nombreux amis et artistes. Il fut enterré dans le cimetière de Thomery où Louis Aragon fit son oraison funèbre et dans lequel Alberto Giacometti dessina sa tombe.

Adrienne Clostre (1921-2006), compositrice française d'opéra et spécialiste du théâtre lyrique, est née à Thomery. Premier grand prix de Rome en composition en 1949, elle obtient également le grand prix musical de la ville de Paris en 1955. Elle a composé de nombreuses œuvres, en particulier pour les orgues.

Visiter et séjourner à Thomery

Thomery c'est vous

Journal municipal n°41

Septembre 2021 PDF - 2,93 Mo Télécharger

Notre page Facebook

restez connectés !

Téléchargez l'app mobile

Téléchargez l'application IOS et Android de la commune de Thomery.

collectivités partenaires